Remises en Ordres !

1. Démission du Grand maître de l’Ordre de Malte Matthew Festing à la demande du pape François

Le Pape François et Matthew FerstingLe Grand maître de l’Ordre de Malte Matthew Fersting a démissionné mardi à la demande du pape François, après un mois de bras de fer inédit sur fond de lutte entre une frange conservatrice de l’Église contre le souverain pontife.

Ce dernier a néanmoins réservé hier une bien mauvaise surprise à l’Ordre en décrétant qu’un « délégué papal » serait bientôt nommé pour en prendre les rênes. Jusqu’à la nomination d’un nouveau chef ? « Le temps jugé nécessaire par le pape », a rectifié une source proche du Vatican. Perdant momentanément sa souveraineté, l’ordre de Malte évite néanmoins une rupture avec le Saint-Siège, après plus de 900 ans d’une solide entente.

En décembre dernier, le Britannique a démis de ses fonctions le chancelier de l’ordre, l’Allemand Albrecht von Boeseselager, à qui est reproché la distribution de préservatifs dans un dispensaire en Birmanie en 2005 alors qu’il était grand hospitalier, après qu’il a refusé de démissionner de son proche chef. Surtout, il précise que c’est « la volonté du Saint-Siège ». Cette démission se fait d’ailleurs avec l’assentiment du cardinal américain Raymond Burke, représentant du pape à la tête de l’Ordre où il a été placé pour être écarté de la Curie. En effet, cet opposant notoire au souverain pontife a sommé le pape François de rectifier l’exhortation apostolique « Amoris Laetitia » qui ouvre aux évêques la possibilité d’autoriser dans certains cas des divorcés remariés à communier. Surprfs par cette décision qui intervient dix jours avant la nomination du frère de l’Allemand au Conseil d’administration de l’IOR (en plein assainissement après avoir été éclaboussée par une série de scandales), le pape a dépêché en janvier une commission d’enquête dont la compétence a été rejetée par le grand maitre qui voyait dans cette démission un « acte de gouvernement interne » et a remis en cause la probité de certains membres de la commission. La démission du britannique Matthew Festing, qui doit être entérinée samedi par le Conseil souverain de l’ordre, pourrait marquer l’avant-dernier acte de cette joute entre le Saint-Siège et l’ordre qui lui est incardiné.

L’ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte est en effet d’une souveraineté fonctionnelle et considéré comme un sujet de droit international public. Il bénéfice d’ailleurs du statut d’observateur permanent à l’ONU, en tant qu’organisation intergouvernementale et non comme un Etat à l’instar du Saint-Siège. Contrairement à ce dernier, il ne dispose pas en effet de territoire.

Bulletin Quotidien  (Société générale de Presse SGP) Jeudi 26 janvier 2017
Cliché AP in http://www.catholicherald.co.uk

2. Le théologien espagnol Fernando Ocariz devient le quatrième chef de l’Opus Dei

  1. Fernando Ocariz, un théologien espagnol très présent dans les arcanes du Vatican, est devenu le quatrième chef de l’Opus Dei, organisation catholique très conservatrice poursuivie par les controverses mais pleinement reconnue par Rome.

Le Pape François et Fernando Ocariz
Le nouveau « prélat » est né en 1944 au sein d’une famille nombreuse espagnole, exilée à Paris en raison de la guerre civile. Diplômé en sciences physiques à l’Université de Barcelone, il a poursuivi ses études de théologie à l’Université pontificale du Latran, à Rome, puis obtenu un doctorat de l’Université de Navarre en 1971, année où il fut ordonné prêtre. Il est très impliqué dans différentes instances du Vatican : il est consultant pour la Congrégation de la doctrine de la foi, la Congrégation du clergé et le Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation. Il enseigne notamment la théologie à l’Université pontificale de la Sainte-Croix à Rome (gérée par l’Opus Dei) et a publié de nombreux ouvrages spécialisés. Il était le numéro deux de l’organisation depuis 2014. Il a été choisi lundi soir à Rome par 156 prêtres et laïcs masculins, puis nommé par le pape François.

« L’Œuvre de Dieu », traduction de son nom latin, a été fondée en 1928 en Espagne par un jeune prêtre, José Maria Escriva de Balaguer (1902-1975), convaincu que la sainteté pouvait être atteinte dans les petites choses du quotidien et surtout à travers une activité professionnelle. De fait, elle compte surtout des laïcs. L’Opus Dei a choisi la continuité puisque Mgr Fernando Ocariz a personnellement connu son fondateur, en vivant dans le même centre lorsqu’il était étudiant en théologie à Rome. Il a aussi accompagné en voyage pendant deux décennies son prédécesseur Javier Echevarria, mort le 12 décembre à Rome, à 84 ans.

Bulletin Quotidien  (Société générale de Presse SGP) Mercredi 25 janvier 2017
Cliché in http://opusdei.us