Rapaces pyromanes…

Des oiseaux incendiaires ? La revue La Recherche relate un fait observé en Australie, mais que Pline et d’autres auteurs antiques avaient déjà bien identifié…

Faucons incendiaires
Milan noir, milan siffleur et faucon brun: des témoignages attestent de leur maîtrise du feu

« Faucons de feu » : ce nom évocateur désigne, chez les aborigènes, trois espèces de rapaces : le milan noir, le milan siffleur et le faucon brun. Ils leur prêtent en effet le pouvoir de maîtriser et répandre le feu. Une croyance qui prend une nouvelle dimension avec l’étude menée par une équipe internationale. Marc Bonta, de l’univer­sité d’État de Pennsylvanie, aux États-Unis, et son groupe sont en effet parvenus à la conclusion que ces « faucons de feu » contribuaient à la propaga­tion des incendies. Comment? En transportant des brindilles enflammées, qu’ils lâchent sur des zones encore épargnées par les flammes. Pour parvenir à ce résultat, ils ont collecté une ving­taine de témoignages à la fois d’aborigènes et de non-aborigènes, sur une période allant de 1963 à 2013 dans le nord de l’Australie. Dick Eussen, coauteur de ce travail et lui-même pompier, a observé en direct ce phénomène. Alors qu’il avait, avec ses collègues, maîtrisé un feu menaçant une route, il a été alerté du fait que les flammes avaient atteint l’autre côté, jusqu’alors préservé. Sur place, le pompier a remarqué un milan siffleur volant à une ving­taine de mètres d’altitude avec, dans ses griffes, une brindille. Il a fait le lien. Cette attitude pyro­mane est en fait un moyen efficace de chasser, comme l’explique Bob Gosford, du Central Land Council et coauteur de ce travail : « // est possible que certains individus aient adapté leur capacité à transporter des brindilles pour construire un nid, par exemple pour accroître leur source de nourriture. » C’est-à-dire, les petits insectes, les grenouilles, les reptiles ou les petits oiseaux, qui fuient devant le feu ou qui sont tués.

Comportement multicentenaire

Pour l’instant, ce comportement a été principa­lement observé sur une zone de 4 millions de kilomètres carrés. « Mais nous avons des témoi­gnages dans des biomes et des régions de savanes similaires dans le monde, où l’on trouve de larges populations de milans noirs ou de leurs proches parents », précise Bob Gosford. Et si l’on en croit les aborigènes, il aurait été adopté il y a des cen­taines, voire des milliers d’années! Pour les chercheurs, ce travail appelle à recons­idérer les observations fournies par les abori­gènes, souvent jugées (à tort) moins « scienti­fiques». « Un aspect important de notre travail est de soumettre les connaissances écologiques abo­rigènes à un examen minutieux, mais aussi de les reconnaître comme une source pour des recherches comme les nôtres », souligne Bob Gosford. Car, rappelle-t-il, cela permettrait de profiter de la connaissance acquise par ce peuple lors des der­niers millénaires -une base de données énorme, rapportée aux quelque 230 années d’observations menées par les Européens depuis la colonisation.

Source : article de Bérénice Robert in La Recherche, n° 533, mars 2018 / Référence à l’ouvrage de M. Bonta et al. EthnobioL, 37, 700, 2017.

En fait, on devrait plutôt parler de cas multi-millénaires, car des cas similaires ont été rapportés par plusieurs auteurs de l’Antiquité, toujours imputés à des rapaces ou à des oiseaux de proie.

Pline l'AncienAristophane cite ainsi un aigle incendiaire dans son Pistheterus. Dans son Histoire naturelle (Livre X), Pline l’Ancien fournit les détails  les plus intéressants :

« XVII. L’oiseau appelé incendiaire est aussi de mauvais augure, et nous lisons dans les Annales que souvent on a purifié Rome à cause de lui; par exemple, sous le consulat de L. Cassius et de C. Marius (an de Rome 647), année où on la purifia aussi, un hibou ayant été vu. Quel est cet oiseau ? ni livres ni tradition ne le disent. Quelques-uns expliquent ainsi la chose : l’incendiaire est tout oiseau qui apparaît portant un charbon enlevé aux feux des autels. D’autres l’appellent spinturnix, mais je n’al trouvé personne qui dit savoir quel était cet oiseau ».

Inauspicata est et incendiaria avis, quam propter saepe numero lustratam urbem in annalibus invenimus, sicut L- Cassio C- Mario cos-, quo anno et bubone viso lustratam esse. quae sit avis ea, non reperitur nec traditur. quidam ita interpretantur, incendiariam esse quaecumque apparverit carbonem ferens ex aris vel altaribus ; alii spinturnicem eam vocant, sed haec ipsa quae esset inter aves, qui se scire diceret non inveni.

 

« Happé Christmas »…

Un réveillon de Noël qui tourne court…

Nuit du 24 au 25 décembre 1890, USA – South Bend (Indiana). La famille Lerch a invité une vingtaine d’amis pour réveillonner.
Le fils cadet, Oliver Lerch, 20 ans, est joyeux car parmi les invités il y a sa fiancée et ses parents. Vers 22 heures Mme Lerch demande à Oliver d’aller chercher de l’eau au puits dans la cour de la ferme. Il prend deux seaux et sort.
Quelques minutes plus tard un cri horrible retentit dehors, où tout le monde se précipite. On entend distinctement « au secours ! au secours ! on m’enlève ! », des qui cris viennent d’en haut…

Cela dura ainsi encore pendant cinq minutes. Près du puits on retrouva un seau, rien d’autre. Par la suite, le puits fut curé, mais aucune trace d’Oliver, qui ne réapparut jamais.

D’après Jimmy GUIEU: « Black-out sur les S.V. » – FLEUVE NOIR 1956. Dans son ouvrage sur les disparitions mystérieuses (Robert Laffont, 1973), Patrice Gaston livre une version légèrement différente (Oliver avait 11 ans, et non pas 20 comme somme l’indique Jimmy Guieu) mais ajoute des précisions intéressantes sur cette affaire :

 » […] Chacun pensa immédiatement qu’un loup avait surgi. Une fois dehors, il n’y avait pas plus de loup que de petit garçon… ! Ils furent tous glacés d’horreur lorsqu’ils entendirent les hurlements désespérés du petit Oliver, quelque part dans la nuit, mais « au-dessus de leurs têtes » ! L’enfant était invisible, dans ce ciel noir. Oliver hurlait « Au secours! Ils me tiennent ! Au secours ! »… Les cris et les appels continuèrent à déchirer l’air pendant près d’une minute, mais en diminuant d’intensité, comme si l’enfant montait, montait…
Médusée, l’assistance ne réagit que lorsque le pasteur décida de suivre les traces de pas la neige fraîche, les traces étaient normales et montraient que l’enfant s’était dirigé vers le puits à une vingtaine de mètres de la maison. A dizaine de mètres du puits, « les traces cessaient brusquement, comme si l’enfant avait été soulevé de terre ! ».

Père Noël faucheur...
Le Père-Noël, auxiliaire de la Grande Faucheuse ?

Enlèvement par des extra-terrestres, ou plus simplement par un Père Noël facétieux et mortifère ?
Le fait est que la hotte du Père Noël, qui tend aujourd’hui à être représentée plutôt comme un sac, peut fort commodément servir, non seulement à voler les effets des gens partis à la messe de minuit, mais pourquoi pas à emporter un enfant vers la mort ?

 

 

Chrétienne, il y a péril en ta (dernière) demeure !

Le Tombeau de la Chrétienne, un monument énigmatique

Les pyramides égyptiennes ont toujours fasciné les hommes et ont sans doute inspiré diverses constructions, plus tardives certes, mais qui revêtent souvent un caractère aussi mystérieux que leurs illustres modèles. c’est le cas, notamment, du « Tombeau de la chrétienne », à Tipaza en Algérie. On se trouve là en présence d’un monument extrêmement insolite, auquel sont attachées de nombreuses légendes trésoraires.

Le Tombeau de la Chrétienne à Tipaza

Le Tombeau de la Chrétienne -en arabe « K’bour roumia »- est beaucoup moins connu que le fameux Medracen (ou « Tombeau de Syphax », dans l’ancienne province de Constantine) en dépit de flagrantes analogies entre ces deux édifices antiques. Mais tout comme le Medracen, et comme les pyramides, le K’bour roumia fut de toute vraisemblance conçu à usage funéraire (individuel ou collectif ??) et c’est effectivement comme un tombeau que nous le décrivent les plus anciens auteurs (cf. notamment les Notes sur la Numidie, de Pomponius Mêla, en 42 après J.C,). L’hypothèse la plus communément admise est que le K’bour roumia fut la tombe du roi numide Juba II, encore qu’aucune trouvaille ne l’accrédite avec certitude.

Situé au fait d’une colline entre Alger et le célèbre site romain de Tipaza, à 261 mètres d’altitude, le Tombeau de la Chrétienne surprend et impressionne par sa masse (largement supérieure à celle de maintes pyramides), sa forme (entièrement circulaire) et son total isolement dans une zone quasi-désertique. L’ensemble se présente comme une énorme plate-forme cylindrique édifiée sur une assise carrée en substructure et flanquée de 60 colonnes encastrées. L’assise -en fait un empilement d’assises superposées et peu visibles au-dessus du sol- atteint environ 63 mètres de côté, tandis que le cylindre, en cercle inscrit (soit un diamètre total équivalent), s’élève lui-même à plus de 4 mètres de hauteur au-dessus de la dernière assise. Cette sorte de tour cylindrique trapue, qui rappellerait un peu par sa forme générale les anciens gazomètres, est elle-même surmontée d’un énorme cône bombé au sommet arrondi ou peut-être était à l’origine disposé un lanternon. Ce cône est composé d’un empilement en degrés de 37 contre-gradins, en retrait les uns par rapport aux autres à chaque niveau, dont la hauteur propre au centre dépasse 9 mètres.

L’aspect massif du monument a de quoi intriguer. Mais le plus singulier est que cette masse ne comporte en aménagement intérieur qu’une seule galerie assez étroite en spirale qui, après un cheminement d’environ 140 mètres, dessert deux caveaux (??) vides.

Tombeau de la Chrétienne – Coupe d’après forage par les archéologues (source : http://lesmysteresdusahara.superforum.fr/t4-algerie-l-enigme-du-tombeau-de-la-chretienne

Autant dire que comme les pyramides égyptiennes, le Tombeau de la Chrétienne forme pour l’essentiel un bloc compact (?) réalisé en pierres taillées (la plus lourde pèse environ 7 tonnes), soigneusement ajustées et appareillées par mortaises et tenons dans la masse, ou par des ancres coulées en plomb dont beaucoup ont disparu ou ont été récupérées par des pilleurs de tombes.

Le plan intérieur du Tombeau de la Chrétienne
Le plan intérieur du Tombeau de la Chrétienne, qui n’est pas sans rappeler le cheminement d’un labyrinthe de cathédrale médiévale

Qui dit mystère, dit trésor …

Outre les deux accès au couloir intérieur à l’est et au sud, le Tombeau de la Chrétienne comporte plusieurs fausses portes, ainsi que des diverticules secondaires sans doute creusés postérieurement par des pilleurs de tombes. En effet le K’bour roumia a toujours suscité bien des convoitises, sans pour autant avoir dévoilé ses mystères. C’est aussi un monument auquel sont attachées de nombreuses légendes trésoraires dont il serait fort intéressant de reconstituer l’origine et le fondement. La plupart de ces récits ont été colportés dès l’Antiquité, en Algérie bien sûr mais plus encore au Maroc.

C’est ainsi qu’un certain Hadj Ahmed, alors captif en Espagne, parvint à négocier sa liberté en s’engageant à réaliser pour le compte d’un mage alors très réputé une opération magique sur le sommet du Tombeau. C’est en réalisant cette opération qu’il aurait fait jaillir par hasard une énorme quantité d’or et de bijoux. L’audacieux prétendit toutefois que ce trésor disparut aussitôt, du fait d’une erreur de manipulation dans la suite de l’accomplissement du rituel… Un berger, beaucoup plus tard, serait également parvenu à dénicher du monument des monceaux d’Abd-el-Hamid, c’est-à-dire de ces grosses pièces d’or alors en usage en Afrique du Nord.

Beaucoup plus sérieuse est la piste des fouilles entreprises sur l’ordre de Dey Baba Mohamed (roi d’Alger de 1766 à 1791). Informé par des Marocains d’une découverte de trésor, le dey fit réaliser, sous contrôle de ses informateurs, d’importants percements par des ouvriers (également des Marocains) encadrés et protégés par un puissant détachement armé de soldats turcs. Pour une raison mal établie, l’affaire tourna court. Les gardes prirent la fuite et nul ne revit les Marocains en question, ni les richesses qu’ils avaient pu découvrir. D’après plusieurs légendes concordantes, une galerie aboutirait sous l’emplacement du tombeau en partant d’assez loin, sur le flanc de la colline où est planté l’édifice. Comme dans le cas peut-être des pyramides, la galerie en spirale qui le traverse n’aurait donc été qu’un leurre destiné à retenir inutilement l’attention et les efforts des candidats au pillage.

Toutes ces pistes trésoraires demanderaient à être vérifiées minutieusement, à être recoupées… avant d’être exploitées ! L’affaire est loin d’être simple, d’autant que les sources ne sont en l’occurrence accessibles qu’à des arabisants familiarisés avec les différents idiomes pratiqués dans cette partie de l’Afrique du Nord.

C’est une des raisons pour lesquelles le Tombeau de la Chrétienne, quoique fouillé, voire pillé et saccagé à plusieurs reprises dans l’Histoire, n’a encore livré aucun de ses secrets. Plusieurs campagnes de fouilles scientifiques ou de restauration au début du XXè siècle n’ont pas contribué à faire avancer ce dossier, faute d’avoir pu à l’époque disposer des instruments de haute technologie qu’inévitablement une telle recherche implique. L’objectif n’en demeure que plus tentant ! Il peut sans doute sembler difficile aujourd’hui d’entreprendre de nouvelles recherches dans le Tombeau de la Chrétienne, d’autant que la situation politique en Algérie n’est guère propice à cette activité. Le K’bour roumia demeure néanmoins un monument fascinant, chargé de légendes trésoraires. Tôt ou tard, une équipe de chercheurs tenaces, compétents et dotés des matériels adéquats parviendra peut-être à en élucider tous les mystères.

(Un article de François Montbouy in Trésor Magazine n° 2, 1992)

Une entrée secrète…

L’entrée véritable du monument, longtemps ignorée, se situe dans le soubassement, sous la fausse porte de l’Est. Elle a été découverte lors de la campagne de fouilles menée en 1865 par Adrien Berbrügger, inspecteur des Monuments historiques, à la demande de Napoléon III. C’est une porte basse, 1,1 m de haut, et étroite, qui donnait sur une dalle coulissante en grès, trouvée brisée. Ensuite un couloir d’accès très bas conduit au vestibule des lions. Il est ainsi appelé parce qu’on y voit un lion et une lionne sculptés en relief au-dessus de l’accès au couloir intérieur. Ce vestibule voûté mesure 5,33 m de long, 2,52 m de large et 3,20 m de haut.
Cette entrée est aujourd’hui condamnée et est inaccessible aux visiteurs.
De ce vestibule on accède en gravissant 7 marches à la galerie circulaire. Celle-ci suit un tracé circulaire horizontal formant un cercle presque complet, qui partant de la fausse porte Est passe successivement derrière les fausses portes du Nord, de l’ouest et du Sud, avant de tourner vers le centre du monument.
Au bout de la galerie, une porte munie d’une herse, brisée elle-aussi, ouvre sur un vestibule de 4,04 m de long, 1,58 m de large et 2,73 de haut. De ce vestibule, un couloir surbaissé mène à la chambre centrale située au cur du monument. Fermée par une porte à herse coulissante, trouvée aussi brisée, ce caveau voûté mesure 4,04 de long, 3,06 de large et 3,43 de haut. Orienté nord-sud, avec l’entrée à l’est, il comporte 3 niches sur chacune des parois nord, sud et ouest.

D’après http://lesmysteresdusahara.superforum.fr/t4-algerie-l-enigme-du-tombeau-de-la-chretienne

Un monument en péril

Laissé à l’abandon par des pouvoirs publics négligents, ce mausolée majestueux tombe en ruine et se dégrade rapidement. Si rien n’est fait, les futurs touristes n’y verront plus qu’un tas de gravats et de plantes.

Le Tombeau de la Chrétienne, en très mauvais état
Le Tombeau de la Chrétienne, en très mauvais état

Sur la côte algérienne, entre la Méditerranée et le mont Chenoua, trône le Tombeau de la chrétienne. Propice au repos des défunts, c’est peut-être dans l’oubli éternel qu’il finira par tomber. Depuis des années, les visiteurs ne font que le constat de l’abandon des lieux.

Ni guides touristiques, ni brochures, pas le moindre manuscrit pour renseigner les éventuels curieux. Rien pour leur expliquer ce que représente cet imposant édifice. Seule une plaque indique que le mausolée a été classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco en 1982. Les visiteurs qui s’y rendent pour la première fois ne peuvent qu’admirer la façade du bâtiment, totalement hébétés.

Un mausolée avec une histoire millénaire

Pourtant, ce tombeau multimillénaire regorge d’histoires. Selon certaines versions, le mausolée a été édifié en hommage à une impératrice d’origine romaine. Adulée par son peuple, cette souveraine avait pour nom Cléopâtre Séléné, fille de la reine égyptienne Cléopâtre elle-même.

Pour d’autres historiens, il s’agit d’un bâtiment construit par le roi maurétanien Juba II. C’est cette hypothèse qu’avait lancé Adrien Berbrugger, archéologue au service de Napoléon III. Il affirme que ce tombeau n’est en fait que le mausolée des rois berbères, effectivement édifié par Juba II. Ce dernier voulait consacrer une sépulture d’égale valeur à celle de ses propres ancêtres, à l’image des majestueuses pyramides des pharaons d’Égypte, contrée d’origine de sa compagne.

Urgence de la restauration

Selon les visiteurs et journalistes sur place, l’unique entrée du monument est emmurée depuis 1994. À l’époque, les terroristes avaient menacé de faire sauter l’édifice. Ce qui a poussé les autorités à en condamner l’entrée. Rien n’a changé depuis, l’accès au Tombeau de la chrétienne reste interdit. Les gardiens n’empêchent pas les visiteurs de graver des noms et des dates sur les parois du monument.

Le monument funéraire laissé à l’abandon, résiste mal à une dégradation de plus en plus rapide. Des travaux de restauration ou de consolidation n’ont pas été engagés depuis des décennies. Les blocs tombent des murs qui s’effritent et jonchent le sol alentour. Entre les pierres, poussent des buissons et des arbrisseaux. Ces végétaux envahisseurs dégradent un peu plus le vestige et détruisent ses matériaux. Si rien n’est fait rapidement, le Tombeau de la chrétienne finira par ressembler à un nouveau berceau pour la flore algérienne.

Source : http://www.lefigaro.fr/culture/2017/03/17/03004-20170317ARTFIG00010-algerie-le-tombeau-de-la-chretienne-en-peril.php

Dialogue de SOURDS…

1. Premier courrier…

« Cher P…,
« […] depuis des années, je m’intéresse à la cryptozoologie […] et dans ce cadre, je tente de rassembler des informations fiables sur un animal (si c’en est un) plus ou moins mythique dont notre mère parlait de temps en temps, mais dont je n’arrive pas à trouver d’autre traces, en l’occurrence le SOUR. Je l’orthographie comme cela, mais ce pourrait aussi bien être SOURD, SOURS, SOURRE, ÇOUR, etc… Bref, n’ayant pas de référence écrite, j’ai opté pour l’orthographe la plus simple et la plus phonétique (« faunétique » …).
« Notre mère disait qu’elle en voyait parfois quand elle était enfant dans la Mayenne, dans les années 1930. À chaque fois cela produisait beaucoup d’émoi et d’inquiétude chez sa nourrice et dans tout son entourage. C’était, d’après elle, une sorte d’énorme chenille marron, inerte, maléfique, un peu « obscène » (elle était trop prude pour dire que ça devait lui suggérer la forme d’une bite). L’animal se tapissait immobile, de préférence dans des lieux humiques et sombres, en particulier sous les noyers. Sa nourrice, sa grand-mère et ses oncles disaient que le SOUR portait malheur, qu’il provoquait des maladies, qu’il fallait à tout prix s’en éloigner, bref, un animal à coup sûr pas fréquentable. Quand notre mère en reparlait bien des années plus tard, dans les années 1970, elle semblait encore un peu gênée, comme mal à l’aise.
« Une fois ou deux, notre grand-mère aussi a dit des choses. Sa description n’était pas minutieuse, mais elle évoquait aussi à peu près le même profil général. Elle, en revanche, semblait plus dégoûtée qu’effrayée. Mais une chose est certaine, en dépit de quelques variantes, la mère et la fille parlaient bien de la même chose, et l’identifiaient sous le même nom.
« Il y a deux détails supplémentaires importants.
« Premier détail : notre mère était bien consciente que sa description des SOUR avait l’air assez imaginaire, et notre père la titillait sur le thème des « histoires de veillée »… Mais elle ne se laissait pas déstabiliser ! Plus d’une fois, elle lui a rétorqué, pour appuyer ses dires, que George Sand avait parlé des SOUR dans son œuvre. Il est vrai que dans sa jeunesse, notre mère avait été une grande lectrice de George Sand. Elle citait souvent La Mare au diable, La Petite Fadette et autres nouvelles du même tonneau. Pour tenter de vérifier cet indice, j’ai lu ou relu une grosse partie des œuvres complètes de George Sand (une vraie purge pour moi, qui n’apprécie pas ce genre de littérature), notamment toutes ses nouvelles sur les légendes rurales… En vain ! Donc, soit elle se trompait d’auteur, soit elle a imaginé ce détail littéraire, soit je n’ai pas lu le bon ouvrage, difficile d’être conclusif…
« Second indice : une année, nous sommes allés en vacances dans le Poitou, vers Bessines-sur-Gartempe, chez un brave paysan, matois mais brut de décoffrage, qui s’appelait M. A… C’était en 1965, à deux ou trois ans près au maximum. Bref, un jour, au détour de je ne sais quelle conversation, notre mère a évoqué le SOUR avec ce paysan, et il a immédiatement vu de quoi elle parlait. Il en a donné une description imagée, qui correspondait à peu de chose près à celle de notre mère. Il disait que c’était exactement comme une « saucisse de sang » (en d’autres termes, un boudin, ce qui confirme à peu près la couleur et la taille), légèrement duveteux (donc un peu comme une chenille, mais à taille puissance 10 !), que ça se tapissait dans les lieux humides, et surtout sous les feuilles des pommes-de-terre (par contre, pour les noyers, il était moins catégorique). Il a aussi donné le nom de l’animal dans son patois, c’était un autre nom que SOUR, mais ils parlaient bien tous les deux de la même chose, et l’un comme l’autre excluaient qu’il se fût agi d’une banale chenille. Tous les deux disaient aussi que c’était peu commun comme bestiole, et lui a ajouté qu’on n’en voyait quasiment plus jamais.
« Voilà à peu près tous les éléments dont je dispose, pour tenter d’identifier ce truc. Est-ce que cela te dit quelque-chose, et aurais-tu gardé en tête quelques données supplémentaires qui pourraient me faire progresser dans cette recherche ?
« D’avance merci de ta réponse, et à bientôt,
« M… »

2. Réponse

« Ah, le sourd… C’était Bethines (86310), et non Bessines. J’ai beaucoup lu moi aussi George Sand, mais sans jamais y trouver de mention du sourd. En revanche je l’ai découvert dans « Contes populaires et légendes du Berry et de la Sologne » dans la collection « Richesse du Folklore de France » aux éditions de la Renaissance. Au chapitre la Cocardille, on y parle du Tac ou Môron, espèce de salamandre malfaisante, et je lis ceci : « notre Tac n’est pas moins décrié que le Mirtil du Poitou, la Blande de la Provence, la Plavine du Dauphiné, la Laberne du Lyonnais, le Mouron de la Normandie, ou le Sourd de la Bretagne ».
« Voilà, c’est tout ce que j’ai à t’offrir … Mais tous les vieux paysans de la Mayenne ou de la Sarthe t’en parleront à loisir […]
P… »

3. Courrier complémentaire

« Cher P…,
« Merci beaucoup, ces informations vont m’être vraiment précieuses pour la suite de mes recherches. Je suis content de constater que je n’ai pas rêvé, et que notre mère non plus ne rêvait pas, puisque si ça n’est pas George Sand, au moins d’autre(s) auteur(s) véhicule(nt) le même récit. En outre, l’apparentement du Sourd -puisque apparemment ça s’écrit avec un d final- avec d’autres bestioles un peu mythiques dans le folklore d’autres régions va me permettre d’en préciser le « profil » cryptozoologique.
« Par contre, je reste très dubitatif sur l’assimilation du Sourd à une salamandre. La salamandre était une bête relativement commune jadis, même si aujourd’hui elle est en voie de quasi-disparition à cause de la pollution et de l’urbanisation. J’en ai personnellement vu deux fois dans ma vie, c’est un batracien superbe et plutôt sympathique. Du reste, les anciens connaissaient bien les différentes espèces de salamandre, et si le Sourd avait été l’une d’entre elle, ils auraient mieux su le décrire.
« Notre mère elle-même s’y serait-elle trompée ? Je me souviens qu’elle était férue de l’histoire des Rois de France, surtout celle des Valois : la salamandre était l’emblème archi‑connu de François 1er, impossible qu’elle n’ait pas fait le rapprochement, même si la salamandre héraldique est un peu différente de la salamandre des naturalistes !
« Pour ma part, l’hypothèse d’une « chenille » semble plus consistante. Il en existe dans certains pays d’énormes spécimens, je pense en particulier à la larve du dynaste géant (Dynaste Hercule), dont on trouve maintes photographies sur Internet.

Le Sourd, une énorme chenille ?
Le Sourd, une énorme chenille ?

« Une telle larve ferait une bien meilleure prétendante au titre de SOURD que la salamandre : elle est immobile, elle est assez répugnante, elle est brunâtre (il en existe sans doute de différentes couleurs), peut-être une variété duveteuse… est-ce que ce genre d’animal n’aurait pas pu exister en France, même de manière très épisodique ? En tous cas, c’est un candidat sérieux au titre peu envié de Sourd !« Bref, il reste un gros champ d’investigations à explorer sur ce sujet […].
« M… »

Asmodée perd la tête !

Lu dans La Dépêche du 24 avril 2017 :

Hier matin (23 avril) vers 9 h, une jeune femme d’une vingtaine d’années, seule, habillée d’un manteau noir, se présente à l’office de tourisme de Rennes-le-Château pour demander les horaires d’ouverture de l’église. Elle avait, disait-elle, l’intention de la visiter. L’employée du site lui indique les horaires. La visiteuse décide alors de boire un café puis de déambuler dans les ruelles. Vers 11h15, elle demande à un restaurateur de se laver les mains. Quelques minutes plus tard, elle réapparaît habillée d’une longue cape blanche, d’un voile sur la tête et d’un masque style vénitien sur le visage.

«Vous êtes tous des mécréants»

À cette époque de l’année une soixantaine d’habitants vivent sur place, autant dire qu’ainsi vêtue, la jeune femme n’est évidemment pas passée inaperçue.

Même si ce haut lieu des mystères a l’habitude de voir défiler des visiteurs étranges en quête de trésors. Là, c’était différent, raconte un habitant : « J’ai compris très vite que ça n’avait rien à voir avec le trésor de l’abbé Saunière ».

Bénitier de Rennes-le-Château : Asmodée décapité
Bénitier de Rennes-le-Château : Asmodée décapité

Devant des touristes surpris, la jeune femme se réfugie dans la grotte dite de la vierge, à proximité de l’église, et téléphone longuement en arabe, puis rentre tranquillement dans l’église, sort une hache et se met à frapper sur le célèbre bénitier surmonté par la représentation d’Asmodée. Elle décapite le fameux diable rouge, lui coupe le bras et pose un coran à ses côtés, puis lacère le bas-relief de l’autel de Marie-Madeleine, devant des visiteurs ébahis.

Ces derniers donnent l’alerte, le maire, Alexandre Painco, intervient. Il constate les faits et appelle la gendarmerie. Face à la jeune femme étonnamment calme, il lui demande pourquoi elle a commis ces actes. Elle répond posément : « Aujourd’hui, ici, c’est un jour d’élection présidentielle, pendant qu’en Syrie l’Occident bombarde et tue des enfants. Vous êtes tous des mécréants! Mon mari est là-bas ».

Rapidement sur place, les gendarmes interpellent la jeune femme sans aucune résistance. Un périmètre de sécurité est établi dans le village, et une équipe de déminage arrivée dans l’après-midi se met à l’œuvre. Le maire n’en revient toujours pas : « Cette femme était déterminée et son geste prémédité. Elle a choisi ce jour d’élection, ce lieu précis, pour qu’il ait un impact médiatique important et ainsi porter atteinte à la République française »

Source : http://www.ladepeche.fr/article/2017/04/24/2561759-elle-decapite-la-tete-du-diable-asmodee.html

Ce n’est pas la première mutilation ou tentative de mutilation infligée à ce pauvre diable. Cette fois, les faits paraissent graves, mais une restauration remettra sans doute rapidement la statue en l’état. N’en déplaise aux esprits chagrin, Asmodée a la tête bien sur les épaules …